Supermarine Walrus

Publié le par RL

Le Supermarine Walrus, Saint-Bernard des mers

Le Supermarine Walrus, doit sa naissance à l'armée de l'air australienne, la Royal Australian Air Force, qui souhaitait disposer d'un appareil embarqué sur les croiseurs de la marine de guerre. L'appareil, dévolu à la reconnaissance et au réglage d'artillerie, devait être catapulté depuis le bord du navire et récupéré ensuite en mer avec une grue (une étape délicate en temps de guerre, car navire porteur et hydravion pouvant se révéler alors extrêmement vulnérables, suivant les solutions retenues).

Le prototype effectue son premier vol en 1933, soit un an avant son homologue français. Sur le plan de la conception, il n'apporte que peu de nouveauté. C'est un biplan amphibie de construction mixte (la voilure est entoilée). Son aile inférieure est en position haute et l'aile supérieure est de type parasol. Entre les deux plans, se trouve l'unique moteur propulsif Bristol Pegasus VI de 680 ch qui actionne une hélice quadripale. La coque abrite un équipage pouvant varier de trois à quatre hommes : un ou deux pilotes dans un poste de pilotage fermé et largement vitré, un navigateur et un opérateur radio logés en arrière, sous la voilure. La défense est très légère puisqu'assurée par deux uniques mitrailleuses Lewis de calibre .303 (7,62 mm), l'une en poste avant et l'autre dans le secteur arrière ; toutes deux sont dans des postes à l'air libre qui s'ouvrent et se ferment via une écoutille. En outre, le Walrus peut emporter jusqu'à 600 lb de bombes ou charges de profondeurs sous les ailes.
Supermarine Walrus

Déployés dès 1935 en Australie et 1936 dans la Royal Air Force, les Walrus furent utilisés sur quasiment tous les fronts : Norvège, Channel, océans Atlantique, Indien et Pacifique. Bien que d'une conception dépassée à l'entrée en guerre, le petit hydravion de Sir Reginald Mitchell traversa le conflit, sans jamais être éclipsé par son successeur. La raison est simple : on était arrivé à la limite du concept. Passons sur les aspects aéronautiques parfois désuet (biplan), un hydravion d'observation, est, par définition, un appareil excessivement lent. Face à l'amélioration de la DCA embarquée sur les navires de guerre et à la présence de chasseurs embarqués moderne, sa survie était dès plus précaire. L'arrivée des radars scella leur destin : un hydravion nécessite une catapulte et un hangar , bref une grande place sur un navire de guerre. Par ailleurs la récupération de l'hydravion est très dangereuse en guerre car peut nécessiter l'arrêt du navire ! Le radar permet de se débarrasser de ses inconvénients, qui plus est il ne risque pas d'être abattu, rendant le navire aveugle. Radar et Sonar remplacèrent  donc, à partir de 1943, le Walrus dans ses rôles d'observation et réglage d'artillerie (dans lequel il ne fut utilisé que deux fois, face à la marine italienne) et les patrouilles anti-soumarines.

Néanmoins, le petit hydravion trouva une nouvelle carrière des plus honorables et utiles : le repérage et le sauvetage des pilotes abattus en mer. Sa lenteur et le fait qu'il consistiait un bon observatoire furent des plus appréciables pour repérés les petits points jaune perdus dans l'immensité grise et argentée de l'océan. À tel point que certains furent même embarqués sur les porte-avions britanniques à la fin du conflit pour effectuer ses missions ; ils ne furent retirés du service qu'au début des années 1950 pour être remplacés par des hélicoptères.

Supermarine Walrus

L'appareil présenté est issu d'une commande australienne, rétrocédé à la Royal Navy en juin 1945 et affecté sur le porte-avion HMS Victorious, opérant au large d'Okinawa. Lors des missions de sauvetage, les Walrus était armés par un pilote et un navigateur et escortés par quatre chasseurs. Ces missions n'étaient pas sans risque ; ainsi le 17 avril 1945, le Sub Lieutenant Gass, navigateur sur Avenger, est récupéré sous le feu des canons anti-aérien japonais par le Pilot Officer Ada et le Sub Lieutenant Marshall. Baptisé Darby, Le Walrus W3085 tomba en panne d'essence lors d'une mission de sauvetage au profit d'un pilote néozélandais, le 10 août 1945. L'équipage fut recueilli par une destroyer américain. L'avion fut coulé plus tard.

Sources :

Publié dans Aparté, Chez les autres

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