Bristol Blenheim

Publié le par RL

Le Bristol Blenheim, une fausse bonne idée et ses conséquences funestes :

Le Bristol Blenheim est un avion emblématique du début de la seconde guerre mondiale. Comme le Spitifire ou le Hurricane, il essaima tous les cieux où la RAF se battait, avec une fortune bien moindre. Il servit pourtant sans faille pendant près de trois ans en première ligne, subissant des pertes parfois importantes !

Le but du présent article n'est pas de démolir cet appareil - la chasse et la DCA allemandes l'ont très bien fait - mais d'expliquer le pourquoi du comment.

La genèse :

En 1935, lorsque le Bristol 142, un bimoteur de transport, est chronométré à 459 km/h, c'est la stupéfaction ! En effet, cette vitesse de pointe est plus élevée que celle du Gloster Gladiator, le chasseur le plus moderne de la RAF qui n'est pas encore entré en service ! Une version militaire pour le bombardement, le Bristol 142M fut alors étudiée.

Il faut toutefois noter que la comparasion faite fut assez falacieuse. En effet, le Bristol 142 est un appareil ultra morderne, de construction métallique, avec train rentrant. Or le Gloster Gladiator est un chasseur de l'ancienne génération : c'est un biplan dont la construction fait encore majoritaire appel à la toile pour le revêtement et disposant d'un train d'atterrissage fixe ! Pour que la comparaison fut valable, il eut été judicieux de comparer les performances du Model 142 avec celle du Hauwker Hurricane ou, mieux, du Supermarine Spitfire, le premier chasseur résolument moderne de la RAF, qui voleront quelques mois plus tard !

Le premier appareil de série effectue son premier vol fin juin 1936 et est chronométré à la vitesse de 452 km/h à 3 657 m (sans doute à vide). Le prototype du Spitfire lui évolue à 557 km/h, soit 100 mh/h de plus et les premiers modèles de série à 582 km/h à 5 669 m. Dans ce cas, le nouveau bombardiers a des performances tout à fait classique. Cela n'empêche pas le développement d'une version de chasse lourde (Mk If), qui se distinguera un peu dans les combats nocturnes mais qui sera désavantagée par sa vitesse trop faible par rapport à ces cibles.

 

 

AIRCRAFT OFTHE ROYAL AIR FORCE, 1939-1941: BRISTOL TYPE 142M BLENHEIM  I.

Bristol Type 142M Blenheim Mk I du No. 107 Squadron (ou No. 600 Squadron ). On remarque l'unique mitrailleuse Vickers K dans la tourelle arrière.© IWM (CH 655)

 

Les raisons du "fiasco" :

Des performances honorables :

Cependant, si on compare les performances du Blenheim Mk I puis Mk IV, les deux principales versions utilisées, à celle d'appareils développés et utilisés à la même époque, on constate que cet appareil n'était pas plus mauvais que les autres.

 

Vitesse maximale et charge maximale de différents bombardiers bimoteurs conçus à partir de 1934/1935Vitesse maximale et charge maximale de différents bombardiers bimoteurs conçus à partir de 1934/1935

Vitesse maximale et charge maximale de différents bombardiers bimoteurs conçus à partir de 1934/1935

Comparé au He 111 qui est lui aussi dérivé d'un appariiel de transport rapide, le Blenheim est plus rapide, mais il emporte une charge de bombes moins importantes. Ces appareils avaient des rôles très similaires et feront aussi bien les frais de la chasse adverse. Toutefois le bombardiers allemands servira beaucoup plus longtemps en prmeière lignes, bien que des appareils plus performants existent.

En revanche, le Bloch MB 131, concu pour la reconnaissance et le bombardement, deux rôles dévolus au Blenheim, ne sera utilisé que pour la seconde tâche et rapidement retiré du service : ces performances furent jugées trop faibles, notamment sa vistesse de pointe et son armement défensif.

Il faut néanmoins relativiser ces comparaisons, puisque les bombardiers volaient très rarement à leur vitesse maximale. Il est plus judicieux de comparé les vitesses de croisières, qui elles, sont très souvent utilisées ; mais les données ne sont pas toujours accessibles.

 

Un armement défensif peu efficace

Ce qui handicapa le plus le Blenheim fut son armement défensif limité à une unique mitrailleuse de 7,7 mm pour la défense du secteur arrière et une arme de même calibre dans l'aile gauche. Plus tard la mitrailleuse arrière fut remplacée par un jumelage et d'autres armes furent ajoutées, comme une autre mitrailleuse dans une tourelle ventrale sous le nez de l'avion et tirant vers l'arrière (mais d'une précision toute relative). Une formation de Blenheim non escortée avait assez peu de chance face à une réaction déterminée de la chasse adverse (comme tout bombardier de ce type à l'époque) ; hors cela arriva souvent et, de plus, les formations étaient constituée de peu d'appareils.

ROYAL AIR FORCE BOMBER COMMAND, 1939-1941.

La touelle Fraser-Nash avec un Vikers K, installée sous le nez d'un Mk IV (été 1940).© IWM (CH 366)

Le MB-131, qui fut rapidement retiré des premières lignes, disposait de trois mitrailleuses de 7,5 mm pour assurer sa défense, dont deux en secteur arrière (dessus et dessous). Quant aux He 111 P disposait lui aussi de 3 à 4 mitrailleuses de petits calibres, plus tard portés à 7 (mais l'appareil est aussi plus gros). Mais il ne faut pas oublier que le Blenheim est en fait un petit bombardier moyen, ce qui explique la faiblesse de son armement et de sa charge offensive par rapport au He 111, notemment.

Mais, même avec une faible charge, on peut infliger des dommages. Or le viseur de bombardement n'était pas d'une grande précision non plus. Et lorsque les Blenheim durent opérer sur le continent après la chute de la France, ils furent d'abord envoyés individuellement avec la consigne de revenir si les nuages n'étaient pas en nombre suffisant ! Inutile de dire que, lancé à un ou deux contre un objectif, les résultats de la mission n'étaient pas fameux. Les petites formations des Circus ne faisaient gère plus de mal, toutefois, en dépit de leur forte escorte de chasse, mais le but n'était pas de détruire quelque chose au sol, juste de lever la chasse allemande pour l'occuper ailleurs qu'à l'Est ou en Méditerranée.

La partie avant d'un Bolinborke, Blenheim Mk IV fabriqué sous licence au Canada (photo perso).

La partie avant d'un Bolinborke, Blenheim Mk IV fabriqué sous licence au Canada (photo perso).

Pourquoi resta-t-il si longtemps en service ?

Le Benheim fut utilisé en première ligne en Europe jusqu'en 1942 faute de mieux.

Un programme pour un nouveau bombardier moyen fut bien lancé en 1938, mais les concurents De Havilland puis Bristol se désistèrent. Ne resta que Armstrong Withworth avec son projet AW.41, un appareil ressemblant à un croisement entre un Britol Beaufort et un North American B-25. Les prototype ne prirent l'air qu'en 1940 et les premières machines de série entrèrent en service que début 1943. Après deux missions de bombardement, l'AW.41 Albemarle fut relégué au transport car ses performances furent jugées infrieures à celles des autres bombardiers en service.

En effet, entre temps des appareils américains, Douglas A-20 Boston et North American B-25 Mitchell, avaient été commandés pour remplacer les Blenheim obsolètes et sans successeurs opérationnels. Les Boston entrèrent en action début 1942 et le Mitchell environ un an plus tard : ces appareils américains bénéficiant de performance honorables restèrent en service jusqu'à la fin de la guerre car ils furent continuellement améliorés et bénéficièrent de la supériorité aérienne allié et de solides escortes.

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