accident bête

Publié le par Romain Lebourg

L'accident bête !

En septembre 1939, le Potez 540 est un appareil dépassé. Il est beaucoup trop lent. Toutefois, comme à cette époque on ne gâche rien, ces appareils vont être utilisés pour l'entraînement. Et parmi ces nouvelles missions figure celle de plastron ! Un rôle ingrat qui consiste à servir de cible pour l'entraînement (ou la formation !) des pilotes de chasse. Une mission qui n'est pas sans danger...

Un accident presque ordinaire :

Dans la soirée du 4 mars, alors que la nuit est déjà tombée, le Potez 540 n°20 décolle de la base de Vélizy-Villacoublay pour un exercice nocturne. Le bimoteur doit servir de plastron pour les chasseurs de nuits. Il n'appartient pas à une unité école, mais au Centre d'expérimentation du matériel aérien (CEMA). Fort logiquement, la majorité de l'équipage fait partie de ce centre. Toutefois, le chef de bort est un officier pilote de l'escadrille autonome de chasse de nuit 1/13 (EACN 1/13).

Potez 631
Un Potez 631 de l'EACN 1/13 tel qu'ils pouvaient être en mars 1940. Cet appareil aux lignes élégantes souffrait surtout d'une motorisation.

Vers 22 h, le Potez s’apprête à atterrir à Meaux-Esbly, le terrain de cette escadrille. Malheureusement, le Potez  vole trop bas et se pose dans le champ qui précède le seuil de l’aérodrome, de l'autre côté du canal. L'endroit est hostile et, dans sa course, le bimoteur percute des arbres : il finit par capoter contre un talus

Mais un lourd bilan :

L'accident est assez grave : les cinq membres de l'équipage sont tous blessés gravement et doivent être conduits à l'hôpital. Le chef de bord, le lieutenant Louis AUDEBAUD, n'a toutefois pas le temps d'y parvenir. Blessé à la carotide, il décède dans l'ambulance ; il sera fait chevalier de la légion d'honneur à titre posthume en 1942. L'un des deux radiotélégraphistes, l'adjudant-chef André COLLET, ne lui survit que quelques heures puisqu'il décède également de ces blessures à l'hôpital de Meaux, le 5 mars.

Potez 540
Un Potez 540 de la 1° escdrille du GR I/55. Le dessin met bien en évidence les lignes vétustes de cet appareil.

Le premier pilote, l'adjudant-chef Charles Innoncenzi semble s'être remis de sa fracture de la cuisse et des autres lésions subies lors de cet accident. Il reçoit la médaille militaire fin 1941 comme membre du personnel navigant de l'armée de l'Air. En revanche, je n'ai trouvé aucune information sur la suite de la carrière des sergents Vidal (pilote) et Guilloux (radiotélégraphistes) ; tous deux ont été blessés à la têtes et aux jambes.

Des commémorations ?

La mémoire du lieutenant Louis AUDEBAUD et celle de l'adjudant-chef André COLLET seront rappelées par la section Air du Collectif France 40, lors du meeting aérien Meaux Airshow du 28 juin 2020. Les autres aviateurs morts pour la France à Meaux ou au cours de missions parties de Meaux ne seront pas oubliés.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article