Bloch à moteurs Merlin

Publié le par Romain Lebourg

Un Bloch à moteurs Merlin

Pour illustrer une partie uchronique d'un de ses articles, Pierre-Yves Hénin m'a commandé un profil de Bloch "MB-177M". Il s'agit d'un appareil de la famille du MB-174, motorisé par deux moteurs Rolls Royce Merlin X de 1 010 ch chacun. Dans la réalité, aucun appareil dérivé du MB-170 n'a reçu le moteur britanniques. Mais certains ont été gréés d'Hispano Suiza 12 Y31 et 12 Z17/18 (ou une autre sous-version), tandis que deux dérivés de l'Amiot 350 ont reçu les groupes motopropulseurs britanniques. L'idée n’est donc pas saugrenue.

Comme l'écrit M. Hénin dans son article :

"Compte tenu du gain de performances relevé plus haut sur l’Amiot, de tels MB 177M auraient volé à 565 km/h à 6 200 mètres, soit plus vite que les Bf 109 E qui équipaient les escadres de la Luftwaffe. Pour peu qu’une expérience plus précoce de missions de reconnaissance à haute altitude ait permis de diagnostiquer et de corriger les dysfonctionnements du matériel photo, la capacité de l’Armée de l’Air à suivre les mouvements des forces allemandes en aurait été considérablement améliorée."

Pour peu, bien sûr, que nous ayons disposé de suffisamment de machine de ce type.

Bloch à moteurs Merlin

Réaliser un appareil hypothétique

N'ayant pas forcément bien compris l'uchronie de départ, je suis parti du profil du MB-175. Cet avion était plus polyvalent que le MB-174 et aurait dû, à terme, équiper les groupes de grande reconnaissance voire ceux de bombardement léger (et aurait donné une double casquette aux premiers ! ... un vieux rêve de l'armée de l'Air blush). Les différences visuelles sont minimes. L'armement reste identique ; j'ai opté pour un collimateur OPL RX-39 et une antenne gonio, même si elle est absente de la plupart des photographies.

Pour les capotages des moteurs, M. Hénin m'a demandé de reprendre ceux de l'Amiot 356 n°01. Leur face avant m'a donné un peu de fil à retordre car les dessins existant ne me semblaient pas en accord avec les photographies disponibles. Au final, je pense être arrivé à un résultat correct.

Décorer un appareil hypothétique

Pour la décoration, les choses ont été plus simples. D'abord, M. Hénin voulait un appareil du GR II/33, l'unité d'Antoine de Saint-Exupéry. L'écrivain-pilote était affecté à la 3e escadrille de ce groupe, donc son avion aurait porté l'insigne de la SAL 33. Le reste des marques se résume aux six cocardes et la dérive tricolore avec des inscriptions similaires à celles portées par les MB-175.

Pour le camouflage, j'ai gardé celui qui était en vigueur dans l'armée de l'Air en 1939-42, avec le numéro de série reporté en noir sur le fuselage. Toutefois, j'ai tenu compte de deux éléments :

  • les pilotes de chasses se sont rendus compte que le camouflage des chasseurs allemands, dont le bleu clair remontait très haut sur les flancs, les rendaient peu visibles en altitude ;
  • les avions de grande reconnaissance opéraient le plus souvent à haute altitude.

Pour ces deux raisons, j'ai choisi de faire remonter la délimitation entre le gris-bleu clair du dessous et les trois tons du dessus assez haut. J'ai également ajouté des traîné d'échappement pour donner un aspect plus opérationnel à la machine.

Publié dans Et si ? ...

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