Breda rutharnes

Publié le par Romain Lebourg

Les Breda 65 rutharnes

Connaissez-vous la Rutharnie ? C'est un pays imaginaire situé entre la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Roumanie et le Pologne. Cet état, créé par le traité du Trianon, est en proie, à la fin des années 30 aux velléités du voisin magyar et à l'emprise de l'Allemagne nazie. Il finira pas se compromettre avec cette dernière dans l'attaque de l'URSS.

Le Breda 65, un appareil mal-aimé :

À la suite d'un rapide conflit avec la Hongrie, la Rutharnie s'est retrouvée sans bombardiers... En cette période ou l'Europe réarmait, il était difficile de se procurer le matériel. Racheter des PZL P.43 Karaś ? L'appareil n'était plus assez performant et venait d'être relégué aux missions de coopération. Restait un avion plutôt moche, mais qui a eu un relatif succès à l'export : le Breda 65.

En 1939, le modèle était sur la fin. Premier appareil moderne de la force aérienne italienne, il traînait une mauvaise réputation, davantage due à la qualité des pilotes qu'à des défauts intrinsèques. Toujours est-il, qu'il n'allait pas tarder à devoir céder la place à un successeur qui s’avérerait être un échec complet et mettrait l'aviation d'assaut italienne dans la panade.

Quoi qu'il en soit, sur le papier, c'était un appareil honnête :

  • une vitesse maximale dépassant les 400 km/h ;
  • une charge de 400 à 510 kg de bombes ;
  • un armement alaire de quatre mitrailleuses, dont deux lourdes, plutôt impressionnant pour ce type de bombardier.
Une formation de Breda 65 K 14, aux environ de Ciampino (image tombée dans le domaine public)

Une formation de Breda 65 K 14, aux environ de Ciampino (image tombée dans le domaine public)

Le moteur, son talon d’Achille :

Certes, les munitions de 12,7 mm italiennes manquaient de puissance. Mais, si le Breda 65 n'avait qu'un défaut, c'était certainement d'être un monomoteur. La puissance de ce dernier n'a, du reste, jamais été jugée suffisante. Pire, ce moteur était réglé pour rétablir à 4 000 m d'altitude, alors que l'appareil était avant tout utilisé pour l'attaque en vol rasant !

Les premiers exemplaires étaient gréés d'un moteur Gnome et Rhône 14 K de 14 cylindres en étoile, développant 880 chevaux, remplacé ensuite par un modèle produit sous licence par Isotta Fraschini : l'IF K 14 fc. Ce moteur fut ensuite été remplacé par un Fiat A 80 RC.41 de dix-huit cylindres (en étoile également), de 1 000 ch. Mais ce n'était pas encore assez ! Un dernier groupe motopropulseur a été essayé : le Piaggio P.XI. Ce dernier était un dérivé du GR 14 K développant 1 000 ch. Les performances du Breda 65, avec la version C.40 était légèrement meilleures, mais l'amélioration n'était pas transcendantale non plus ; on en resta donc là. Le Breda 88 bimoteur devait pallier à ce problème...

Le problème venait de la formule choisie : les moteurs en étoile de 1 000 ch propulsaient déjà les chasseurs les plus performants (comme les Loire 46 ou Dewoitine D.371), sans forcément leur donner d'aussi bonnes performances. Les Breda 65 virent donc leur dotation en munition réduite et finirent donc par être utilisés en monoplace, ce qui n'avait pas que des avantages. En effet l'appareil était moins maniable que les chasseurs modernes et la visibilité du pilote vers l'arrière était quasi nulle !

Le Breda porte le camouflage continentale... mais je ne suis pas convaincu par ma réalisation !

Le Breda porte le camouflage continentale... mais je ne suis pas convaincu par ma réalisation !

L'exemplaire rutharne :

L'exemplaire que j'ai choisi est un hybride. En effet, comme les modèle irakiens et portugais, il comporte une tourelle type M avec une mitrailleuse Breda-SAFAT de 12,7 mm. Mais sa motorisation est celle préférée pour les appareils chiliens : le Piaggio P.XI C.40.

De plus, les exemplaires rutharnes comportent deux lance-bombes alaires, du modèle de  ceux bricolés au sein de l'Aviazione Legionaria (le corps expéditionnaire aérien italien en Espagne). Un autre exemplaire a existé sur les appareils utilisés en Libye, mais il m'a paru anachronique.

C'est donc une version qui n'a jamais réellement existé mais qui, selon moi, rassemble ce qui se faisait de mieux pour cet appareil.

Source :

Garello G, Il Breda 65 e l'aviazione d'assalto, edizioni dell'Ateneo & Bizzarri, 1980

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