SAL 6

Publié le par RL

Escadrille SAL 6

La genèse :

L'escadrille n°6 fut créée au sein du 2e groupe d'aéronautique de Reims, en décembre 1912, à une époque où l'aviation était encore entre les mains du Génie. Elle était équipée de monoplans Deperdussin T et TT et fut donc dénommée escadrille D 6.

Lorsque la 1ère Guerre Mondiale éclata, la D 6 fut rattachée à la Ve Armée. Elle fut ensuite affecté à son 18e CA et ne le quitta plus jusqu'à la fin des hostilités. Après avoir utilisé des Caudron G et des Sopwith 1 1/2, son dernier aéronef étant le Salmson 2A2, elle prit la dénomination SAL 6 qu'elle garda après sa dissolution, le 19 juillet 1919.

Ses traditions furent reprises par la 5e escadrille du 3e RO, créée le 1er janvier 1920. Malgré les changements successifs de dénomination, elle resta une unité d'observation, comme durant la Grande Guerre. Ce n'est qu'en 1937, lorsque le GO II/33 devint GR II/33 que sa spécialité changea quelque peu, passant de l'observation  à la reconnaissance et même la "grande reconnaissance" !

L'insigne :

Contrairement à d'autres insignes d'escadrille, la Mouette du Rhin n'est pas né durant la Grande Guerre mais dans l'entre-deux-guerres. C'est en effet dans les années 20, au sein de la 16e escadrille du 33e RAO, qu'il apparaît et remplace les bandes tricolores précédemment adoptées par les aviateurs de la SAL 6.

L'insigne montre une mouette les ailes déployées, inscrite dans un cercle bleu. Mon exemplaire est très probablement une copie datant d'après la 2nde Guerre Mondiale. Il ne possède aucune marque au dos.

La SAL 6 durant la campagne de 1939-1940 :

Lorsque la guerre éclata en France, le 3 septembre 1939, les traditions de la SAL 6 étaient portées par la 4e escadrille du GR II/33. Ce groupe étaitt équipé de modernes Potez 637 et effectuait des missions de "grande reconnaissance" au profit de la 1ère Division Aérienne. Il était commandé par le Cdt Henri Alias.

En novembre 1939, les Potez 637, appareil classé comme "de transition" par l'état-major, commencèrent à être remplacés par des Potez 63-11. Pourtant ces derniers avaient des performances inférieures aux premiers et ne les remplacèrent jamais totalement au sein du groupe, même s'ils sont mieux adaptés à la reconnaissance photographique. À partir du 18 mars 1940, le GR II/33 commença aussi à recevoir l'élégant et rapide Bloch MB 174. Ainsi, au 10 mai 1940, il était équipé de trois modèles différents, les MB-174 ne supplantant jamais en totalité les Potez 63.

Comme groupe de "grande reconnaissance", le GR II/33 effectua principalement des missions lointaines pour le compte de l'armée de l'Air et ce, dès le début des hostilités. Ce sont d'ailleurs ces équipages qui découvrent les chars allemands dans les Ardennes, dans la nuit du 11 au 12 mai 1940 puis de nouveau le lendemain matin. Mais, sans accès direct au JMO de l'unité, il est assez difficile de faire une décompte des missions et des pertes par escadrille. On peut toutefois signaler que le groupe dut être renforcé par du personnel venu de Tunisie (GAO 586), le 19 mai 1940 puis amalgamé au GR II/52, le 21 mai ! avant que ce dernier ne soit envoyé à Bordeaux se transformer sur MB-174, une semaine plus tard (il laissa ses Potez).

À l'issue de la campagne, le GR II/33 se replia en AFN, comme d'autres unités de l'armée de l'air équipées de matériel moderne.

MB-174 de la 4° escadrille du GR II/33. Ce fut ma première maquette d'avion français... il y a près de 20 ans !

MB-174 de la 4° escadrille du GR II/33. Ce fut ma première maquette d'avion français... il y a près de 20 ans !

La suite de la guerre :

Après l'armistice de juin 1940, le GR II/33 échappa à la dissolution et fut renommé GR 2/33. Ses escadrilles furent également renumérotées, la 4e devenant 2e escadrille ; mais elles gardèrent leurs traditions. Le groupe mena quelques missions de reconnaissance contre Gibraltar depuis l'Algérie, puis sur les côtes et possessions italiennes depuis la Tunisie. Il se replia en Algérie suite à l'invasion de la Tunisie par les Allemands et reprit la lutte contre eux. À partir de janvier 1943, il fut rééquipé en matériel allié, soit des Lockheed F-5, la version de reconnaissance stratégique du P-38 pour la 1ère escadrille et des Spitfire Mk V pour la 2e. Le 1er janvier 1945, cette escadrille devint GR 2/33 Savoie mais garda les traditions de la SAL 6 ; deux semaines plus tard, les Spitfire commencèrent à être troqués contre des North American F-6D Mustang, appareil de reconnaissance tactique.

Après la guerre, les traditions de la SAL 6 continuèrent à être portées par une escadrille de reconnaissance de l'armée de l'Air, jusqu'à la dissolution de l'ER 2/33 Savoie, le 24 juillet 2014.

Sources :

Publié dans Unités

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