Observateur aérien de l'armée de Terre

Publié le par RL

Des observateurs aériens hors armée de l'Air ?

Le saviez-vous ? Tous les aviateurs n'appartenaient pas à l'armée de l'Air ! certes il y avait les marins de l'Aéronautique navale mais il y avait aussi des officiers de l'armée de Terre !

Un mélange d'aviateurs et de terriens :

Dans les unités chargées de travailler aux profits des grandes unités de l'armée de Terre, il était prévu que certains observateurs soit des officiers issus de ces formations. Par exemple, dans un Groupe Aérien Régional type armée de Terre (GAR), en temps de paix, il devait y avoir trois officiers observateurs issus de l'armée de Terre, dont un réserviste ; ce nombre devait être porté à sept en temps de guerre. Les officiers appartenaient généralement à une unité en garnison près de la base où était stationné le GAR. Ce système ne change pas avec le changement de dénomintaion des GAR en GAO (GA d'Observation).

Avec la déclaration de guerre, cela devient plus flou et je n'ai pas réussi à savoir s'il y avait une logique dans l'affectation des officiers observateurs de l'armée de Terre. Par exemple, le GAO 503 basé à Rouen devait être rattaché au 3° Corps d'Armée. Sauf qu'une bonne partie des unités basées en Normandie, ne fera pas partie de ce corps car constituant la 5° DIM, affectée au... 2° CA !  J'ai tendance à penser que des officiers connaissant les unités faciliterait la coopération, mais peut-être que je me trompe. Certains officiers, enfin, ont été prélevés sur les effectifs d'encadrement des écoles militaires ; sans doute qu'en recoupant les carrières et les stationnement de leurs unités, on pourrait retrouver la logique des affectations.

Ceci ne doit toutefois pas faire oublier qu'on trouvait également des officiers de l'armée de Terre observateurs aériens dans les Groupes de Reconnaissance (GR). Il s'agissait également d'un détachement, mais je n'ai pas non plus trouvé comment étaient décidées les affectations. Le seul exemple que je connaisse est celui d'un officier du 72° RATTT, le Lt Josselin, affecté, à la mobilisation, au Groupe Autonome de Reconnaissance 14 (futur GR I/14) ; là encore les unités de rattachement (3° DC et IV° Armée) ne correspondent pas et j'ai des sources contradictoires sur le lieu de garnison du 72° RATTT... D'autant qu'il y avait aussi des personnels de l'armée de Terre dans les groupes de "grande reconnaissance", comme le Lt Chéry, officier des chars, au GR II/33 ; or ces groupes travaillaient directement pour l'armée de l'Air et non au profit d'unités de l'armée de Terre comme les groupes de reconnaissance d'armée (tel le 14° GAR puis GR I/14).

Pour ce qui est de l'Arme de provenance de ces personnels, il semble que l'accès à cette spécialité ne soit pas restreint, mais cela reste à vérifier. Logiquement, compte tenue des missions de l'avion aux profits des forces terrestres, on trouve principalement des officiers issus de l'Artillerie (comme sur la photo ci-dessous), de la Cavalerie, des Chars de Combats et de l'Infanterie. Je n'ai encore jamais vu d'officier du Génie ou du Train, par exemple.

L'uniforme des observateurs aériens issus de l'armée de Terre :

La photo (musée de l'ALAT à Dax) ci-contre représente deux officiers observateurs. Le manequin de gauche représente un officier d'Artillerie possédant les ailes de canetille mais pas l'insigne métallique. Étrangement, il porte la tenue de combat (n°5) avec ceinturon-baudrier et étui à pistolet Mle 1935, des jumelles (qui pouvaient être emportées en vol) et le masque à gaz ANP-31 dans sa saccoche (non emporté en vol). Celui de droite est plus proche d'un personnel en tenue de vol, même s'il manque la plupart des équipement : parachute dorsal, boîtier-relai de poitrine, gants voire combinaison en toile ou salopette en cuir et inhalateur.

Puisque ces officiers proviennent de l'armée de Terre, ils en gardent l'uniforme, à savoir une vareuse kaki (Mle 1929, 1938 ou 1939) et un culotte mastic (kaki clair) Mle 1929. Leur coiffe est le képi et non la casquette plate et ils gardent les pattes de collets et même l'insigne (vu sur une photo du GAO 548) de leur unité d'appartenance : en fait ces gens ne sont que détachés par leur unité !

Par contre, comme leurs homologues de l'armée de l'Air, ils portent l'insigne du personnel navigant au-dessus de la poche de poitrine droite de leur vareuse. Ce sont des ailes en canetille dorée sur fond de drap pour officier bleu-Louise (il existe plusieurs modèles). Cependant, il a existé des ailes en cantille sur fond de drap peigné kaki (comme la vareuse) voir, semble-t-il, de la couleur des pattes de collet : les officiers faisant faire leur uniforme chez un tailleur, ils pouvaient se permettre quelques fantaisies. Outre cet attribut, les officiers portent l'insigne métallique du brevet d'observateur en avion.

Voilà pour la théorie. Sur les photographies, on trouve des hommes qui respectent le règlement à la lettre. D'autres n'ont pas les ailes en cannetille et portent leur insigne métallique sur le rabat de la poche droite ou au-dessus de cette poche. Dans certaines unités, l'insigne métallique n'était pas porté sur la tenue de travail et nos observateurs suivaient cette règle. On peut donc imaginer le cas particulier d'un observateur issu de l'armée de Terre ne possédant aucune des particularité sur son uniforme ! Mais je ne pense pas l'avoir vu.

Pour ce qui est de ces équipements de vol, ils étaient les mêmes que ceux de leurs homologues de l'armée de l'air ; on voit d'ailleurs parfois porter le manteau de cuir Mle 1930 au lieu du manteau en drap Mle 1932. En général, pour voler, les aviateurs portaient une combinaison en toile de couleur beige mais une photo montre un observateur du GAO 509 prêt à partir en mission sans cette combinaison (contrairement à son pilote et son radio-mitrailleur) : il porte son manteau de cuir par-dessus sa tenue n° 4 (avec le pantalon Mle 1921 à la place de la culotte Mle 1929) ; peut-être certains effets ont-ils été perçus avec retard.

un système pérenne ?

Comme je l'ai écrit, la présence de personnel de l'armée de Terre tenait très certainement au fait que les unités travaillaient pour le compte de l'armée de Terre. C'était aussi peut-être une "tradition" héritée de la Grande Guerre ou de son immédiate après-guerre, lorsque l'Aéronautique faisait encore partie de l'armée de Terre. J'ignore si ces affectations de terriens chez les aviateurs se poursuivirent après la défaite de juin 1940 dans l'armée de l'Air d'Armistice. Il semble toutefois qu'elle n'eut plus de raison d'être avec la reprise des combats de l'armée d'Afrique en 1943. En effet, la reconnaissance n'était quasiment plus qu'effectuée par des monoplaces de chasse transformés (Lockheed F-5 puis North American F-6) et les GAO remplacés par une aviation d'Observation d'Artillerie, dépendant de l'armée de Terre, naissante (future ALAT).

Édité 1 fois le 18/03/2017 : complément.

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