Tenue de vol

Publié le par Romain Lebourg

La tenue de vol

L'hiver arrive, avec son cortège de froid et de mauvais temps. Celui de 1939 - 1940 fut très rigoureux. Et pourtant, les équipements ne furent pas toujours présents au moment voulu... Mais quels étaient ces équipements de vol ?

Le "principe de l'oignon" :

Pour échapper au froid qui régnait en altitude, les hommes multipliaient les couches. Ainsi, ils superposaient plusieurs matériaux isolant et évitaient de perdre trop d'énergie thermique. Donc de se refroidir !

Les premières couches étaient constituées par les sous-vêtements et l'uniforme : une chemise en coton et sa cravate, une vareuse et un pantalon en drap de laine. Par dessus pouvait être portée une combinaison chauffante. Elle était, semble-t-il, en laine avec des fils électriques. Lorsque du courant électrique les parcouraient, ces derniers s'échauffaient... parfois un peu trop. Il existait également des chaussons chauffant, constitués de la même façon, que l'on portait sous les chaussons de vol en cuir.

La combinaison chauffante (issue d'une collection privée)
En combinaison Lemercier (prêt)

Une sous-combinaison en toile légère pouvait être portée par-dessus la combinaison chauffante. On enfilait ensuite une combinaison de vol en toile "ignifugée". J'en ai identifié au moins trois modèles. La société Lemercier en produisait un qui était doublé et rembourré : voilà qui était idéal pour les vols à haute altitude. Mais elle est très peu vue sur les photographies et certaines unités semblent n'en avoir jamais touché !

Pour protéger sa tête, le pilote enfilait une cagoule en soie puis un tour de cou, qui pouvait être chauffant. Ensuite, venait le casque de vol en cuir Airaille type 11 (fabriqué par les sociétés Guéneau et Zinszner). Les mains étaient protégées par des gants à crispin en cuir portés par-dessus des sous-gants en soie. Casques et gants sont visibles ici.

Le mythe du cuir !

Avec l'ensemble en cuir (lunette de prêt) !

Hormis le casque de vol, les gants et les chausson de vol, les navigants portaient assez peu de cuir.

On peut voir, rarement, le veston en cuir Mle 1929 porté par dessus la combinaison de vol, durant l'hiver 1939 - 1940. Ce dernier faisait partie de la tenue de service des navigants et pouvait remplacer le manteau en drap de laine de la tenue de sortie.

On voit beaucoup plus rarement encore la salopette de cuir Mle 1930. Cette dernière pouvait être portée aussi bien par des équipages d'appareils anciens et "ouverts à tous vents", comme les ANF-les Mureaux, que dans des appareils beaucoup plus modernes, comme le Bloch MB-152 ou le Potez 63-11.

L'aviateur entièrement vêtu de cuir avec son écharpe flottant au vent est donc davantage un mythe et surtout une vison totalement anachronique pour la période qui nous intéresse.

Le modèle standard de combinaison de vol
La sous-combinaison avec les sous-chaussons, les sous-gants et la cagoule de soie

Bien évidemment, à tous ses effets de vol "standard", il faut ajouter ceux obtenus dans le commerce ou auprès de la famille, comme des lainages, par exemple. Le sujet est alors très vaste !

Sources :

  • Baudru R, "Furies et Crocodiles", Morane u combat dans la bataille de France : Historique du groupe de chasse III/7 de mai 1939 à août 1940, coll. Histoire des unités n°4, éd. Lela presse 2015
  • Gaillard J, Jean Gailard et l'Armée : souvenirs militaires et autres d'un pilote du GR 2/55, coll. Mémoire et débats, éd. TMA 2006
  • Et les nombreuses photographies des ouvrages de ma bibliothèque !

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