Victoires

Publié le par RL

Des victoires pour la reconnaissance

L'aviation de reconnaissance n'est pas connue pour avoir abattu des avions ennemis. Pourtant, il est arrivé que certains de ses pilotes n'hésitent pas à utiliser leur(s) mitrailleuse(s).

Deux appareils pour le GR II/33 :

Nous sommes le 13 mai 1940. Les forces allemandes ont atteint la Meuse et on se bat autour de Sedan. Dans l'après-midi, un Potez 637 du GR II/33 est envoyé en reconnaissance à basse altitude au-dessus de Givonne, juste à côté de Sedan (est-nord-est) !

Selon la citation de l'équipage, parue au JO du 25 août 1940, l'appareil de reconnaissance français croise un avion d'observation allemand et son escorte de neuf Messerschmitt Bf 109. Le mouchard allamnd est abattu, mais l'escorte se montre sans pitié et poursuit le bimoteur français pendant près de trente-cinq minutes. Un des chasseurs allemands est touché et compté comme probablement abattu. Toutefois, le Potez finit par succober sous le nombre et s'écrase en feu près Thénorgues, à l'est de Vouziers, où il explose. Les trois aviateurs français ont toutefois pu s'extraire à temps et sont indemnes !

Il est admit, que le Potez 637 n°2 fut abattu par l'Oberleutnant Wilfried Balfanz, du Stab I./JG 53, qui revendique pourtant un LeO 451 (c'est sa deuxième victoire) à 20h45 ! Le pilote allemand sera abattu et blessé, le lendemain, lors d'un combat aérien contre le No. 1 Squadron dans le secteur de Sedan, après avoir revendiqué un Fairey Battle.

En revanche, les pertes des avions d'observation que je connais ne semblent pas corroborer la revendication des avaiteurs français ; mais ma source n'est pas complète. De même, si le I./JG 53 déplore deux pertes matéirelles, il s'agit de problème de train d'atterrissage, dont un survenu pendant le décollage.

Malgré cela, l'équipage - Lieutenant René Gavoille (pilote), Capitiane Robert Vesin (ou Vezin) du 69° RIF et Caporal Saur (radio-mitrailleur) - sera cité à l'ordre de l'armée aérienne et décoré de la Croix de Guerre avec palme. L'Oberleutnant Wilfried Balfanz reprendra du service au sein du I./JG 53, dont il prendra la commandement en juin 1941, après un intermède de quelques mois au Stab/JG 51 ; il disparaîtra lors d'un combat aérien avec des SB-3 dans le secteur de Pruzhany (Biélorussie), après avoir revendiqué sa huitième et dernière victoire aériene.

Un Junkers pour le GAO 3/551 !

Le 20 mai 1940 de bon matin, un Potez 63-11 du GAO 3/551 doit aller reconnaître la portion de terrain situé entre l'Ailette et la forêt de Saint-Gobain, au nord de Laon.

Alors qu'il se trouve au-dessus de sa zone de travail, à environ 1 500 m d'altitude, l'observateur, le Lieutenant Jacques Ballet, aperçoit un trimoteur de transport Junkers Ju 52/3m qui défile obliquement en avant et un peu en-dessous de [l'avion français]. Le pilote, le Sergent-chef Courmes, a aussi repéré le trimoteur et lance son appareil à sa poursuite.

Usant de ses trois mitrailleuses avant, le pilote français tire sans discontinuer sur l'appareil allemand, qui continue sa route. Il dégage par en dessous puis dégage à droite pour effectuer une nouvelle passe. Mais l'avion allemand a déjà eu son compte et il pique, se rapprochant de son adversaire, dont il finit par heurter l'aile gauche. Le Potez part immédiatement en abattée mais Courmes parvient à le rattraper.

L'équipage français rentre sain et sauf à Romilly-sur-Seine où il peut se poser vers 7h00. Le Potez 63-11 n°365 y sera réparé et pourra revoler. Il sera abattu le 5 juin 1940 dans le secteur d'Eu (équipage blessé). Après l'armistice, le Sgt Courmes sera décoré de la Croix de Guerre avec palme, pour sa victoire aérienne.

Quant au Ju 52/3m, il est tombé en lisière de la forêt de Samoussy à l'est-nord-est de Laon, à 6h30. Son épave fut survolée par la mission suivante mais le terrain était déjà entre les mains de l'ennemi... Il s'agissait de l'appareil Werknummer 3085 du III./KGzbV 1 ; cinq aviateurs, dont je n'ai pas retouvé les noms périrent.

Dornier contre Potez, un duel équilibré :

Le 14 juin 1940, le front à craqué en Normandie et on tente de refaire une ligne sur la Marne et le sud de l'Aisne puis vers la frontière franco-luxembourgeoise.

Un équipage du GAO 1/520 est envoyé en mission sur les lignes. Au retour, il croise deux "Dornier Do 17". L'observateur et chef de bord, le Lieutenant Bernard de Chilly est un officier d'active issu de l'artillerie, qui a fait son stage de formation en 1939. Appercevant les deux bimoteurs allemands, il n'hésite pas à engager le combat. Le Sergent-Chef Albert Schonner, le pilote, parvient à placer le Potez correctement pour tirer un premier avion, qui prend la fuite après avoir été gravement touché. Le second connaît moins de chance puisqu'il s'écrase en flammes. Le mitrailleur, le Sergent Georges Suss, a également participé à l'action grâce à son tir précis et ajusté. C'est grâce à ce travail d'équipe que les trois hommes parvienent à ramener une victoire aérienne, sans pour autant avoir subit de dommage.

Qui était les deux opposants ? Je ne le sais pas. Il y a bien eu trois Do 17 reconnus perdus par les allemands ce jour là. Un semble tombé dans le secteur de Tours. Les deux autres ont été perdus dans le secteur de Nancy et de Neufchateau, bien en arrière des positions du 20° CA, auquel était rattaché le GAO 1/520. En rechanche le Stab/KG 55 perd deux He 111, dont l'un est abattu au cours d'une reconnaissance entre Saint-Avold et Putelange, en plein sur le secteur du 20° CA ! Il s'écrase à Fréméstroff avec son équipage de cinq hommes*, tous tués. L'autre He 111 parvient à rentrer à Schwäbisch-Hall, sans mal pour son équipage. Peut-être s'agit-il de nos deux "Dornier 17".

Quoiqu'il en soit, Bernard de Chilly, Albert Schoner et Georges Suss furent cités à l'orde de l'armée aérienne et décorés de la Croix de Guerre avec palme pour cet exploit.

*Oberleutnant Wolfgang Müller ; Hauptfeldwebel Helmutt Witt, Oberfeldwebel Karl Franz, Feldwebel Karl Ander et Unteroffizier H. Behrens

Sources :

  • JO de la République Française des 25 août 1940 et 30 octobre 1940
  • Ballet J, A l'abordage sur Potez 63, in Icare n°59 automne/hiver 1971
  • deZeng IV H et  Stankey D, Luftwaffe officer Career Summaries, in The Luftwaffe, 1933-45
  • Cornwell P, The battle of France then and now, After the battle 2007
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